L'arbre du Ténéré, symbole de la survie dans le Sahara

L'Arbre du Ténéré était un acacia solitaire, soit un Acacia raddiana ou un Acacia tortilus, qui fut à une époque considéré comme l'arbre le plus isolé de la Terre — aucun autre arbre ne se situant à moins de 400 km. Il faisait office de repère pour les routes des caravanes qui traversaient le désert du Ténéré au nord-est du Niger ; il était situé approximativement par 17° 75’ N, 10° 07’ E.

Il s'agissait du dernier survivant d'un groupe d'arbre qui avait poussé lorsque le désert était moins aride que maintenant et il s'est élevé, seul, pendant des décennies. Pendant l'hiver 1938-1939, un puits fut foré près de l'arbre et on découvrit que ses racines atteignaient la nappe phréatique, plus de 30 mètres en dessous de la surface.

En 1973, l'arbre fut renversé par un camionneur libyen, sans doute saoul. Le 8 novembre 1973, l'arbre mort fut transporté au musée national du Niger, à Niamey et remplacé par une simple sculpture métallique représentant un arbre.

Source : Wikipedia

Les photos suivantes forment un historique de l'arbre du Ténéré depuis 1938 jusqu'à nos jours. Merci à Arnold (Bételgeuse) pour ses recherches approfondies qui ont permis de constituer cette page !

Arbre du Ténéré 1939

Commandant Michel Lesourd, du Service Central des Affaires Sahariennes, 21 mai 1939 :
"Il faut voir l'arbre pour croire à son existence. Quel est son secret ? Comment peut-il être toujours en vie malgré la multitude de dromadaires qui dévastent les alentours ? Comment se fait-il qu'à chaque Azalai, aucun chameau ne dévore ses feuilles ou ses bourgeons ? Parmi les nombreux Touaregs qui conduisent les caravanes de sels, pourquoi donc aucun d'eux ne lui coupe les branches pour faire du feu pour le thé ? La seule réponse est que cet arbre est tabou et qu'il est considéré comme tel par les caravaniers."

Arbre du Ténéré (avant 1959 ?)

Raymond Mauny de Ifan — Dakar, 1959 :
"En comparant les photographies de 1939 et 1959, une chose remarquable m'a frappé. Le volume de l'arbre a singulièremement diminué pendant les 20 dernières années. Il a été la victime d'un accident automobile : un véhicule militaire, en reculant, a cassé une de ses principales branches. [...]
Les branches basses visibles à droite de la photo de 1939 ne sont plus présentes sur la gauche de la photo prise en 1959 depuis l'autre côté. Il n'est plus considéré comme tabou ?"


"L'épopée du Ténéré" de Henri Lhote, 26 novembre 1959 :
"Je n'arrive pas à le reconnaître ; il avait deux troncs distincts. Maintenant il n'y en a plus qu'un, avec une souche, arrachée plutôt que coupée à un mètre du sol. Qu'est t-il arrivé à cet arbre malchanceux ? Un poids-lourd en direction de Bilma l'a tout simplement heurté... Il y avait pourtant suffisamment de place pour l'éviter... Le tabou, l'arbre sacré, celui qu'aucun nomade n'aurait osé porter la main... L'arbre a été la victime d'une mécanique..."

Les deux puits près de l'arbre du Ténéré (1965)

Raymond Mauny 1959 :
"Aujourd'hui, deux puits se trouvent là, séparés de quatre mètres seulement. Un des deux date de 1939 selon M Lesourd.
Profond de plus de 35 mètre, ils contenaient quand nous y sommes allés, plus de 4 mètres d'eau relativement moins salée que d'autres eaux du Sahara.
Il y en a un qui est entièrement centuré de ciment et qui renvoie un écho. L'autre est différent. La margelle comporte une inscription en Tifinagh."


Photos : Victor Englebert

Arbre du Ténéré en 1967

"En 1967, [l'arbre] était déjà en piètre état.
Les chauffeurs, qu'ils soient nigériens, libyens ou algériens gravaient leurs initiales sur son tronc après en avoir arraché l'écorce. [...]
En réalité, il y a quand même quelques arbres, par-ci par-là, au Ténéré, mais celui là a acquis ses lettres de noblesse car il est le seul sur la seule piste qui passe ici, à quelques centaines de kilomètres à la ronde.
Et puis, il marque, en partant d'Agadés, le début du Ténéré."

L'arbre du Ténéré au début des années 1970

Peu de temps après, en 1973, l'arbre fut renversé par un camionneur libyen, sans doute saoul...

La dépouille de l'arbre du Ténéré

Photo de Roger Balsom, 8 novembre 1973

L'arbre du Ténéré, après avoir été renversé par un camion, est chargé sur un autre camion pour être exposé au musée de Niamey.

Arbre du Ténéré - Compass Tree, 1974

Timbre-poste de la République du Niger, 1974.

Commémore le premier anniversaire de la mort de l'Arbre du Ténéré.

( Scott No. 310, Yvert No. 314 )

Arbre métallique du Ténéré

La structure métallique telle qu'elle a été construite sur le site de l'arbre du Ténéré en 1975 à partir des plans de Josyane et Charles Térésa.

L'arbre du Ténéré au musée de Niamey en 1985

Les restes de l'arbre végétal ont été exposés au musée de Niamey, plantés dans un socle en béton sous cet édifice imposant ; bien trop imposant...

Photo : Holger Reineccius

Puits et abris près de l'arbre métallique du Ténéré en 1985

La branche centrale de l'arbre est ornée par ce que d'autres photos ont permis d'identifier comme étant quatre enjoliveurs.


Cette photo confirme qu'il aurait été tenté de faire pousser plusieurs jeunes arbres à l’abri d'un mur d'enceinte en banco. La petite hutte aurait servi d'abri pour deux jeunes jardiniers chargés de les arroser. Ces jardiniers auraient trouvé la mort, le puits s'étant asséché.

Photo : Holger Reineccius 1985

Eolienne près de l'arbre du Ténéré en 2001

A quelques mètres se trouve un puit surmonté d'une éolienne. Mais il n'y a plus ni pompe, ni tuyaux, ni rien qui permette de faire
monter l'eau ...
Et comme dirait la carte Michelin : "eau très mauvaise à 40 m" ... de
profondeur !
Comme quoi, il faut toujours avoir une (longue) corde dans ses
bagages ...

L'arbre du Ténéré en 2002

Photographe : Nazia Parvez

On distingue l'éolienne en arrière plan. Des pièces métalliques et des fûts sont les vestiges du passage de touristes ou de camionneurs.

Holland Africa Tour en 2003

Fin 2003, une expédition du Holland Africa Tour s'arrête à l'arbre du Ténéré et laisse une belle inscription "Holland Africa Tour 1-2003" sur l'un des trois fûts qui forment la base de l'arbre.

Bidon au pied de l'arbre du Ténéré

Inscription manuscrite sur le bidon au pied de l'arbre du Ténéré, peut-être de la main de Kantana?

Cette photo semble confirmer que l'inspecteur des écoles nomades Kantana Azoulma aurait pris part à la mise en place de l'arbre métallique vers 1974.

Route du sel 555 en novembre 2004

A l'occasion de la terrible course à pied de 555 km dans le Ténéré, Gérard Cain prend une photo du puit et de l'arbre.

L'arbre du Ténéré remis sur pied - 1

Des voyageurs Suisses trouvent l'arbre du Ténéré couché et s'organisent pour le remettre sur pied. Il est probable qu'ils aient commencé par fixer les enjoliveurs à une branche latérale pour plus de commodité lors des opérations ultérieures.

Photographies : G. Saltari, A.Ghiringhelli, M. Fiaschi. (Octobre 2005)

L'arbre du Ténéré remis sur pied - 5

L'arbre du Ténéré est de nouveau sur pied. Les voyageurs Suisses ont bien travaillé : on ne voit plus que deux barils au lieu de trois auparavant. La base de l'arbre a été enfouie plus profondément.
Maintenant on peut se poser la question : qui avait mis à terre l'arbre du Ténéré ?

Photographies : G. Saltari, A.Ghiringhelli, M. Fiaschi. (Octobre 2005)

Puit près de l'arbre du Ténéré en 2006

A l'occasion de l'éclipse du soleil (29 mars 2006), des touristes slovaques s'arrêtent près de l'arbre du Ténéré et du puit à la margelle bétonnée. Cette photo permet de vérifier que l'arbre est intact par rapport aux photos de l'année dernière.

 

Josyane et Charles Térésa ont conçu l'arbre métallique qui se dresse encore aujourd'hui :

Autre style : Style clair